La grande salle de Créaliance recevait pendant 3 jours une exposition agrémentée d'une projection, sur l'Inde et les castes sociales, au profit de l ' association humanitaire ASIA.
Agnès Muller, infirmière anesthésiste à l'hôpital de Mulhouse, a rencontré Soeur Amili en 2003, lors d'un séjour de 6 mois en Inde du sud. De retour en France elle a fondé l'association ASIA( les Amis de Soeur Amili), qui soutient un parrainage d'enfants et un organisme de micro-crédit, ainsi que l'association indienne POPE (people organisation for planning ans education), dirigée par un intouchable, pour aider à financer un hôpital rural destiné aux intouchables, cette sous-caste dont les membres ne sont pas considérés comme des êtres humains.
Les écoles ainsi que les visiteurs ont pu admirer durant trois jours, l'exposition de photo réalisées par Agnès, et vendredi soir, celle-ci a présenté aux adultes une conférence-diaporama sur l'Inde, géographique, historique et sociale, en mettant le projecteur sur les problèmes spécifiques de l'élimination des petites filles, le système des castes et le statut des intouchables, pour lesquels l'association milite en faveur de la reconnaissance de leurs droits.
Jean-Marie Renoir 03 12 2011
Agnès Muller, en tenue traditionnelle, a présenté à son auditoire,
l'Inde et le système des castes.
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Agnes Muller
Rapport d'activités Hopital POPE août 2011
Rapport_d_activit__du_Centre_de_Sant__Rural_de_POPE__avec_photos_aout_2011_
Rapport d’activité du Centre de Santé Rural de POPE
Introduction
Le centre de santé rural de POPE a été construit dans l’espoir d’établir progressivement d’autres infrastructures hospitalières avec l’équipement requis.
Au départ, trouver un médecin qualifié à temps complet fut un problème du fait du faible nombre de personnel médical. Nous avons surmonté ce problème en engageant un jeune médecin qualifié, très impliqué, qui est très intéressé à fournir des soins médicaux autant au niveau central que périphérique (centre de santé et villages).
Disponibilité Médicale :
Un médecin est maintenant disponible au centre de santé du lundi au samedi. Les patients viennent régulièrement pour être traités. Le médecin est assisté de deux infirmières qualifiées et d’aides-soignantes. Un agent a été engagé pour organiser et superviser les programmes.
Les services hospitaliers :
Chaque mois, environ 50 patients sont traités. Les principales pathologies traitées par le docteur sont les suivantes : fièvre virale, toux, céphalées, douleurs musculaires, diarrhées, fièvre typhoïde, plaies diverses, problèmes dermatologiques. Des sutures de plaies ont également été effectuées.
Besoin en laboratoire d’analyses :
Comme notre hôpital ne dispose pas de laboratoire d’analyses médicales, il n’est pas possible de faire de diagnostic. Des analyses de laboratoire sont nécessaires pour la prise en charge médicale. Des tests sanguins, des tests d’urines devraient pouvoir être réalisés immédiatement pour faciliter le diagnostic, ce qui augmentera le nombre de patients traités.
Equipe de santé mobile :
Deux fois par semaine, l’équipe médicale avec un médecin, une infirmière et un éducateur de santé se rendent dans les villages dont POPE s’occupe. A chaque tournée, des femmes, enfants, personnes âgées reçoivent des traitements sans aucune discrimination. Les suspicions de tuberculose, les patients atteints de cancer, les cas d’infection par le HIV sont référés à l’hôpital gouvernemental.
Les camps de santé :
Des camps spéciaux de santé sont organisés gratuitement dans les villages. L’équipe médicale de POPE se rend deux fois par semaine dans les villages avec les médicaments et l’équipement nécessaires. Le docteur prescrit les traitements aux patients, et conseille ceux qui le requièrent d’utiliser le centre de santé rural de POPE à Thallakulam. A chaque camp, 40 à 150 patients bénéficient des soins gratuits. Le public apprécie ces soins aux villages, et commence également à fréquenter l’hôpital de POPE pour la suite des soins.
Suivi de la santé des enfants de POPE :
Chaque mois, une évaluation de la santé des enfants de Suvasam et de Thallakulam est effectuée. D’autres enfants en bénéficient également. Ce check-up a lieu le samedi. L’évaluation régulière des enfants, tous les six mois, nous a permis de fournir des traitements si nécessaire, et d’accroître le statut sanitaire par un suivi régulier. Le suivi consiste en un examen ophtalmologique, des mesures anthropométriques (poids, taille, périmètre brachial).
Evaluation de la santé des étudiants du collège technique de POPE :
Deux fois par an, une évaluation de la santé des adolescents, est effectuée, suivie par de l’éducation sanitaire. Les élèves des filières techniques sont informés au sujet de la prévention du HIV/SIDA. Les gestes de premier secours sont enseignés également. En condition d’apprentissage technique, différentes situations accidentelles peuvent se présenter, la manière de les prévenir et d’administrer les premiers soins ont également été enseignées.
Education sanitaire aux enseignants et enfants :
Après avoir obtenu la permission préalable des autorités scolaires, une campagne d’éducation sanitaire a été organisée. Un programme d’un jour a été dispensé à 100 élèves et six professeurs le 1er août 2011. Les élèves de 6ème standard à la 8ème standard de l’école secondaire gouvernementale de Rajanthangal ont été les bénéficiaires de cette formation. L’établissement scolaire a été très satisfait de la formation dispensée par le centre de santé de POPE. Ainsi, d’autres élèves et enseignants vont être invités au centre de santé pour une formation d’un jour en matière d’éducation sanitaire.
Enseignement sanitaire dans les écoles :
L’équipe médicale visite régulièrement les écoles et donne des cours d’éducation sanitaire aux enfants des écoles. Les points ciblés par ces enseignements concernent :
- Les causes et les conséquences des maladies transmissibles
- Les causes et les conséquences des maladies liées au mode de vie
- Les stratégies de prévention des maladies
- Les nécessités d’un diagnostic et d’un traitement précoces
- Des informations sur les maladies telles que HIV/TB/ paludisme, fièvre typhoïde….
- L’importance de boire de l’eau potable
- L’importance de l’hygiène personnelle et de l’environnement sanitaire
Problèmes de transport :
Les patients expriment leur difficulté à fréquenter le centre de santé du fait du manque de moyens de transport. Les bus allant à Thallakulam sont tellement bondés que les malades ne peuvent pas voyager en bus. Seules les personnes en bonne santé peuvent se déplacer en bus. Ainsi, les malades souhaiteraient un service de transport. Nous avons mis notre véhicule à disposition pour leur transport. Mais nous ne pouvons fournir ce service tous les jours, du fait des congés, des dépenses excessives en gasoil et maintenance, ou du fait de la non disponibilité du véhicule pour d’autres programmes. Les patients demandent régulièrement un service de transport.
Education sanitaire communautaire :
Une éducation sanitaire communautaire a été donnée aux femmes des différents groupes d’entraide, au club des fermiers, au club des adolescents, et aux enfants du royaume des enfants dalits (mini-parlements d’enfants). L’éducation donnée aux femmes se focalise sur les problèmes de santé des femmes et des enfants. La formation insiste beaucoup sur l’importance de l’eau et de l’hygiène dans tous les groupes ciblés.
Liens avec les programmes gouvernementaux :
Le centre de santé rural de POPE est en lien avec le programme de prévention et de contrôle de la tuberculose, les programmes de traitements auto-contrôlés. Le personnel se rend auprès du public, sur les marchés, les lieux de travail, pendant la pause déjeuner, et informe les gens sur les problèmes liés à la tuberculose, le mode de transmission, les signes et symptômes, la nécessité d’un traitement précoce, l’existence de traitements gratuits dans les hôpitaux gouvernementaux. Les tests de crachats ne sont pas possibles au centre de santé de POPE du fait de l’absence de laboratoire. Ainsi, nous prévoyons de travailler avec d’autres programmes de santé, tels que le programme de prévention du HIV, le programme de contrôle de la lèpre, des anémies, les programmes nationaux de missions de santé rurale etc…
Le facteur limitant est que l’hôpital ne dispose pas des infrastructures de santé adéquats. Nous avons besoin d’équipement supplémentaire pour améliorer nos services.
Conclusion :
Le centre de santé nécessite un équipement minimum tels qu’un service d’analyses médicales, et un service de pharmacie. Le laboratoire d’analyses médicales est l’équipement minimum requis par le gouvernement pour fournir des services de santé.
Un service d’ambulance est également requis pour les personnes des villages. Nous remercions tous ceux qui sont prêts à nous aider et étendre leur coopération pour le succès des programmes de santé rurale à travers le centre de santé de POPE.
R.L ROSARIO
Directeur POPE
Frais d'équipement du laboratoire (détails)
Equipments details and costs
|
Sl. No. |
Description |
Grade |
Pack |
Qty. |
Amount Rs. |
|
1. |
Blood Urea |
Beacon |
200 ml |
1 No |
1010.00 |
|
2. |
Blood set |
Medi kit |
|
200 Nos |
10000.00 |
|
3. |
Sterile container |
Lab Tech |
40 ml |
50 Nos |
200.00 |
|
4. |
Glucose Reagent |
Beacon |
600 ml |
1 No |
675.00 |
|
5. |
Malaria Card |
Sure Test |
|
10 Nos |
1200.00 |
|
6. |
Colori meter |
Beacon |
8 filter |
1 No |
8900.00 |
|
7. |
2 ml Syringe |
|
100 pieces |
10 Nos |
2250.00 |
|
8. |
HBA AG |
SD |
40 T |
1 No |
960.00 |
|
9. |
5 ml disposable syringe |
MMD |
100 pieces |
12 Nos |
3000.00 |
|
10. |
Cholesterol |
Beacon |
200 ml |
1 No |
1530.00 |
|
11. |
Cover slip |
Blue star |
18.18mm |
12 Nos |
780.00 |
|
12. |
Pregnancy card |
Wh Accu Test |
|
100 Nos |
1300.00 |
|
13. |
Surgical spirit |
|
400 ml |
10 Nos |
400.00 |
|
14. |
HIV |
Span |
50 T |
40 Nos |
160000/- |
|
15. |
Cotton roll |
|
|
10 Nos |
1600.00 |
|
16. |
Centrifuge 15000RPM |
Remi |
|
1 No |
35000.00 |
|
17. |
Test tube |
Rivera |
12400 m |
500 Nos |
6000.00 |
|
18. |
ESR pipette |
Top tech |
|
10 No |
800.00 |
|
19. |
Urine container 60 ml |
|
100s’ |
5 Nos |
2500.00 |
|
20. |
Triglycerides |
Beacon |
200 ml |
5 Nos |
18500.00 |
|
21. |
Creative |
Human |
200 ml |
5 Nos |
8250.00 |
|
22. |
Haemocyto meter |
Superior |
|
2 Nos |
3200.00 |
|
23. |
Distilled water |
Span |
5 Lit |
10 Nos |
2200.00 |
|
24. |
Slide box |
Blue star |
50 pieces |
10 Nos |
610.00 |
|
25. |
Test tube 12 x 75 mm |
Brazil |
100 pieces |
5 Nos |
3750.00 |
|
26. |
Test tube holder |
|
|
10 Nos |
25000.00 |
|
27. |
Monocular microscope |
Optica |
|
1 No |
43500.00 |
|
28. |
Tissue paper roll |
|
|
10 Nos |
300.00 |
|
29. |
Haemoglobin meter |
Superior |
|
5 Nos |
4750.00 |
|
30. |
Spirit Lamp class |
|
|
5 Nos |
375.00 |
|
31. |
VDRL strip |
Acon |
50 T |
20 Nos |
15000.00 |
|
32. |
Widal |
Beacon |
4 x 5 ml |
2 Nos |
830.00 |
|
33. |
Blood Glucose meter |
OT Horizon |
|
5 Nos |
4500.00 |
TOTAL 368 870 /-Roupies
Equal 5 505 euros (1 euro = 67 roupies)
Additional needs for the lab
|
1.Centri Fuge 4 brcket -1 no |
7 500 |
|
Incubetor(dry) |
7 000 |
|
Pipettess (Micro) 10m,1000m,500m,50m,20m, |
1 000 |
|
5-50M Micro Piped Tube |
1 000 |
|
5-50 M Micro pipet Tip |
|
|
100-1000m Micro pipet Tip |
|
|
Test tubes (small) 200 |
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Test Tubes(medium) 100 |
|
|
Test Tube (big) 20 no, |
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Test Tube Rack 2 no |
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Test Tube Hoder 2 no |
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Glass Pipet 5m 1m |
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|
Pipet Stand |
|
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ESR stand |
|
|
ESR Pipet |
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|
Homocyto metre(Mercury Coated) all the above items total Rs.10,000 |
10 000 |
|
Microscope Binocular |
30 000 |
|
|
|
|
|
|
|
TOTAL |
56 500 |
(Fifty Six Thousand Rupees Only)
soit un total général de 6400 euros.
Nouvelles d'A.SI.A septembre 2011
NEWSLETTER A.SI.A
MARS 2011 A AOUT 2011 (n° 4)
« Les actions humanitaires ressemblent souvent à un arbre qu’on planterait sans l’arroser. Alors elles meurent.
C’est plus difficile d’arroser que de planter. Planter, c’est un jour ; arroser c’est tous les jours. » Gérard Klein (« l’instit »)
Bonjour à toutes et à tous,
Voici les nouvelles de nos activités de ces derniers mois.
Foire Eco-bio 2011 :
L’association A.SI.A a été présente pour la 4ème année consécutive à la foire éco-bio de Colmar pour contrôler les tickets d’entrée du 2 au 6 juin 2011. Nous avons été rétribués pour cette activité à hauteur de 1132 euros, ce qui correspond à 31 créneaux de présence occupés sur les 40 demandés. Le complément ayant été assuré par les bénévoles de Terre des Hommes France AL 68, comme d’habitude. Cette manifestation est très importante pour nous, car elle nous permet une entrée d’argent substantielle, tout en vivant des moments conviviaux.
Marché aux livres de Sternenberg :
Pour la première fois, notre association a tenu un stand au marché aux livres de Sternenberg le 19 juin 2011. Un grand merci à toutes les personnes qui nous ont fourni des livres de bonne qualité. La recette de près de 200 euros a pu être obtenue grâce à la ténacité de notre amie Monique, qui a bravé la pluie pour maintenir le stand.
Subvention exceptionnelle de l'Antwerp British Community Association :
Lors de mon séjour de 4 mois à l’institut de médecine tropicale d’Anvers, l’association des britanniques d’Anvers nous a généreusement attribué une subvention de 500 euros grâce à sa présidente Mme Mary Ann Marinus. Nous les remercions vivement pour leur soutien à nos actions.
Nos actions en Inde :
- ANUGRAHA
Nous avons envoyé 3660 euros au père Isaac en juillet 2011 pour payer les parrainages de nos 29 filleuls (mois de juillet à décembre 2011), ainsi que 1000 euros pour soutenir un nouveau groupe de 6 veuves pour accéder à un micro-crédit de 170 euros chacune.
- POPE
Nous venons d’envoyer 6000 euros à POPE pour leur permettre d’équiper le laboratoire d’analyses médicales du centre de santé de santé, qui semble bien lancé maintenant (cf. rapport d’activité en pièce jointe). Cet envoi exceptionnel a été possible grâce aux subventions que nous avons eues de Terre des Hommes France AL 68, de Claire Fontaine Rhodia, de l’ABC association d’Anvers, ainsi que des dons venus de Lyon des amis de Florence Grenot, ainsi que des donateurs de l’association Page d’Ecriture qui a fermé ses portes.
Voyage en Inde en novembre 2011 :
Mon prochain séjour en inde aura lieu en novembre, avec un programme plutôt chargé sur 3 semaines, puisque je me rendrai à Dindigul pour rencontrer nos enfants parrainés, ainsi que des veuves soutenues par les micro-crédits. Je passerai bien sûr du temps à POPE pour rencontrer l’équipe médicale dont les salaires sont financés par A.SI.A, découvrir l’équipement du laboratoire, et surtout l’activité quotidienne de l’hôpital auprès des patients, ainsi que les visites sanitaires dans les villages. J’espère que les connaissances acquises à Anvers m’aideront à leur apporter des conseils utiles.
J’ai prévu de me rendre également à Bangalore rencontrer Frère Anand qui est à l’origine de notre partenariat avec POPE, ainsi qu’à Pondichéry comme à l’accoutumée pour ramener de l’artisanat indien afin d’achalander nos marchés de Noël et de fin d’année.
Partenariat avec l’association Age d’Or International :
Nous avons la joie de vous annoncer la naissance d’une association amie, créée par notre amie et collègue Marie-Jo. Cette association vise à venir en aide aux personnes âgées les plus démunies de par le monde. Elle propose des parrainages de personnes sans famille, n’ayant pas de revenus, ni d’accès aux soins. Des actions seront entreprises en Haiti, à Madagascar et en Inde. Marie Jo nous a demandé d’être mise en contact avec POPE pour venir en aide à des dalits âgés. 9 propositions de parrainage ont été soumises par Rosario. Mon séjour pourra être l’occasion de les rencontrer également.
Nous espérons à l’avenir pouvoir offrir des opérations de la cataracte aux personnes les plus démunies, au centre de santé de POPE. Des démarches auprès d’un médecin ophtalmologue ami seront entreprises dans ce sens à l’automne.
Nouvelles d’Inde :
Notre partenaire Rosario nous a fait parvenir un rapport d’activités ainsi que des photos de l’hôpital, nous permettant d’apprécier le dynamisme de l’équipe, ainsi que du jeune médecin engagé pour un an.
Rosario a été très heureux de nous faire savoir qu’il avait été élu secrétaire du conseil de l’ordre du Barreau de Tiruvannamalai, un autre dalit ayant été élu au conseil de l’ordre même. Ces événements constituent des avancées majeures dans la lutte pour les droits des dalits, et représentent des faits exceptionnels pour eux.
Ils ont également obtenu, après maintes tentatives, l’application de la loi exigeant de suivre le programme scolaire national, avec les manuels scolaires préconisés par le gouvernement. L’état du Tamil Nadu n’avait pas tenu compte de cette loi jusqu’à présent, ce qui laissait la place à un enseignement scolaire plus que médiocre. Espérons que cette avancée majeure permettra aux enfants de recevoir un enseignement de plus grande qualité.
Le mot de la fin !
Nous vous sommes tous très reconnaissants de votre soutien, qui nous permet d’honorer nos engagements auprès de nos partenaires. Nous sommes conscients des difficultés rencontrées pour assurer la pérennité de nos actions, mais nous sommes également convaincus d’être au cœur d’une formidable aventure humaine, avec des partenaires locaux de qualité, et que nos efforts conjugués portent des fruits, et valent la peine !
C’est pourquoi nous voulons continuer à arroser nos jeunes arbres !!
Avec la rentrée, les activités reprennent avec en perspective un marché aux puces, des interventions auprès des élèves de 3ème du collège de Zillisheim pour assurer le parrainage de Prianka Mary, des animations au centre socio-culturel de Masevaux, nos traditionnels marchés de Noël de Zillisheim, et de l’hôpital de Mulhouse, ainsi que nous l’espérons un stand au marché de Thann du 28 au 31 décembre 2011. Pour achalander ces stands, nous faisons à nouveau appel à votre créativité et à votre générosité pour fabriquer des objets divers et variés, qui remportent chaque année beaucoup de succès auprès du public.
Vous retrouverez cette lettre et d’autres photos sur le blog de notre association
www.associationasia.canalblog.com
Nous vous souhaitons une belle rentrée et un bel automne.
Recevez tous nos remerciements et nos cordiales salutations,
Agnès Muller
Présidente A.SI.A
La rapporteuse speciale de l ONU recoit les defenseurs des droits de l homme à New Dehli (Rosario en fait partie)
R.L. Rosario élu secrétaire de l'Ordre des Avocats !
Juin 2011
Après 120 ans, un avocat Dalit
est nommé secrétaire de l'Ordre des avocats de Tiruvannamalai.
Dans chaque district, tous les avocats sont inscrits auprès du barreau. Généralement, tous les 3 ans ont lieu des élections pour élire les membres du bureau de l'ordre des avocats. D'habitude, ces postes sont occupés par les avocats de haute caste. Depuis 120 ans, aucun Dalit n'avait été nommé au Barreau de Tiruvannamalai. Jusqu'à fin avril 2011, les brahmanes (Iyer, Iyyangar), et les Mudaliar (autres personnes de haute caste) avaient le contrôle de ces postes.
A l'issue des élections qui se sont tenues en avril dernier, M. RL Rosario a été élu secrétaire du Barreau de Tiruvannamalai. Il occupera ce poste pendant 3 ans.
Futur plan d’action
- Tous les cas en attente depuis de nombreuses années à la Cour de Tiruvannamalai où les Dalits sont requérants ou bien accusés seront traités en priorité.
- Les Dalits sans ressource qui ne peuvent pas régler les frais judiciaires, pourront être effectivement dirigés vers les services locaux dits « cellule gratuite d’aide juridique ».
- Tous les avocats Dalits du district de Tiruvannamalai suivront une formation de perfectionnement pour mettre à jour leurs connaissances et leurs compétences en tirant parti des spécialistes tels que les avocats dalits de la haute cour de Madras. Grâce à ce cours de perfectionnement, ils pourront agir efficacement à la cour.
- Les avocats Dalits n’étaient pas traités correctement à la cour de justice. Dorénavant, puisque le secrétaire est un Dalit, tous les avocats dalits seront traités avec égard.
- M. RL Rosario, secrétaire de l’ordre des avocats, dans le district de Tiruvannamalai travaillera avec M. Amalraj (un avocat dalit et depuis peu vice-président du Barreau) et fera le lien avec la cour de cassation et s’occupera autres questions juridiques.
- Nous organiserons des conférences juridiques et verrons les possibilités de mettre en place de nouvelles lois pour protéger les personnes et les biens Dalits.
- Des formations et des campagnes seront organisées à grande échelle dans le district de Tiruvannamalai afin de mieux faire connaître les rouages du système juridique tout en mobilisant le soutien des autres avocats du Barreau de Tiruvannamalai.
- Avec l’aide des autres avocats Dalits, des législations modèles peuvent être conçues pour protéger les droits des Dalits et obtenir des recours juridiques de la part du gouvernement.
- La photo de Dr Ambedkar fait défaut au sein de la cour du district de Tiruvannamalai. Le nouveau bâtiment de la Cour de justice est en construction, près de 60% du bâtiment est achevé. Le nouveau tribunal sera en fonction dans un an. L'actuel secrétaire de l’ordre des avocats (M. RL Rosario) mettra tout en œuvre pour que la statue du Dr. Ambedkar soit érigée sur le campus de la nouvelle cour.
- Les forums de la communauté locale (groupes d'entraide, clubs de jeunes, le club des agriculteurs, le forum des droits des Dalits, etc) pourront être en lien avec le forum des avocats Dalits et ainsi faciliter les demandes de la communauté dans le contexte des droits des Dalits comprenant les biens, la terre, le logement, le partage des biens communs, le développement du leadership des Dalits, les prochaines élections municipales, la mise en œuvre des mesures publiques de protection sociale, etc.
Formation juridique et mobilisation des citoyens au Canada
Certains d’entre vous doivent savoir que le Directeur de POPE, M. RL Rosario a été sélectionné pour 3 semaines de formation portant sur la défense juridique et sur la participation et l’engagement des citoyens à l’Institut International de Coady, Université de Saint-Francis, Antigouish, Nouvelle-Ecosse au Canada du 29 mai au 21 juin 2011. Ce cours coûtait 3000 dollars canadiens. L’institut lui a offert une bourse d’un montant de 2000 Dollars, le reste et les frais ont été offerts par l’association Le Souffle du Sud - France. Un grand merci pour le soutien qu’elle a apporté à cet égard.
Dans le Tamil Nadu, les élections législatives se sont tenues pour l’Assemblée et les résultats ont été annoncés en mai 2011. Le parti de l’opposition a gagné ces élections et forme le Gouvernement. A présent, et pour la 3e fois c’est Mme Jayalalithaa qui est élue en tant que Chef du Gouvernement de l’Etat du Tamil Nadu.
Les élections municipales vont se tenir dans 6 mois. Comme d’habitude, et cette fois encore, nous devrons travailler avec la communauté dalit et identifier des chefs de files capables de contester les vices de formes lors de ces élections. Leurs compétences se verront accrues grâce aux diverses formations et instructions juridiques qu’ils suivront lors des campagnes d’information et seront ainsi en mesure de contester les résultats si besoin est.
Votre support nous sont indispensables.
RL Rosario
Director POPE
Des avancées notables à la cause dalit en Inde du Sud
Juin 2011
Un avocat dalit est nommé Membre du Conseil de l’Ordre des avocats
pour les Etats du Tamil Natu et de Pondichéry
Exercer son métier d’avocat auprès de la Haute Court du Tamil Nadu et de Pondichéry était une profession dédiée aux Brahmanes, aux Mudaliar et aux personnes des autres communautés supérieures depuis des siècles. Ceci à cause du livre sacré Manu Sastra disant que Brahma est le Dieu de la création.
Leurs activités sont ainsi associées à leur bouche. C’est-à-dire qu’ils peuvent exercer grâce à leurs paroles. Les prêtres officiant dans les temples hindous peuvent avoir une profession juridique, ou intellectuelle comme par exemple occuper un poste de consultant.
Les Dalits sont issus des pieds de leur Dieu et ont été aculés à travailler comme ouvriers agricoles, domestiques agricoles et effectuer des menus travaux.
En raison de ce système social, les Dalits n’étaient pas en mesure de devenir des défenseurs pour pratiquer le droit. C'est seulement après l'élaboration de la constitutionindienne, que le système de quota a été rendu possibledans l'éducation etl’accession aux emplois dans le secteurpublic. Dr Ambedkar, un Pandit dalit a été un architecte de l'encadrement de la Constitution indienne. C’est lui qui est l’auteur de cettepolitique dequotasdans lesConstitutionsindiennespourles Harijan(Dalits) etles Girijans(tribus).
Par la suite, les avocats Dalits ayant terminé leurs études en droit, eurent beaucoup de problèmes à s’inscrire auprès du Conseil de l’Ordre indien. Chaque conseil de l’ordre a une unité dans chaque Etat. Les unités étatiques étaient contrôlées par les avocats de haute caste. En avril 2011, ont eu lieu les élections du conseil de l’ordre à Madras pour élire 25 avocats afin de constituer le conseil de l’ordre du Tamil Nadu et de Pondichery
Lors des élections du conseil de l’ordre, le pouvoir de l’argent, les gros bras, la boisson et bagarres de toutes sortes se font sentir au parlement démocratique indien et opèrent également lors des élections législatives du conseil. Il est impossible pour un avocat dalit de devenir membre du conseil de l’ordre.
POPE, représenté par RL Rosario s’est attaqué au problème et a travaillé dès le mois de janvier 2011 pour qu’au moins un avocat Dalit devienne membre du conseil de l’ordre, il a travaillé avec les avocats dalits de la haute court de Madras pour sélectionner un candidat et mobiliser le soutien de tous les avocats enregistrés à la court de Madras.
M. Amalaraj, diplômé en droit, originaire de la communauté dalit d’un petit village, près de Madras a été désigné. Il exerce depuis 15 ans à la Haute Court de Madras, M. RL Rosario a fourni beaucoup d’efforts et a travaillé avec les autres avocats dalits. Il a aussi travaillé avec les avocats non-dalits et a mobilisé leur soutien.
En avril dernier M. Amalraj a été élu comme l’un des 25 membres du conseil de l’ordre du Tamil Nadu et de Pondichéry. L’élection des membres du bureau a eu lieu en mai 2011. M. Amalraj s’est battu pour l’élection de vice président du conseil de l’ordre. Il a remporté l’élection. Il a obtenu 16 voix sur 25. Maintenant, M. Amalraj, un avocat issu de milieu rural est membre et vice-président du conseil de l’ordre de Madras.
Que va-t-il se passer maintenant ?
1. Pour qu’un avocat puisse exercer son métier au tribunal, il doit être inscrit au Conseil de l’ordre des avocats. Dans le passé, nombre d’avocats dalits n’ont pas pu être enregistrés, et ce, sans qu’aucune raison ne leur soit donnée. Maintenant ceci n’arrivera plus maintenant. Tous les avocats dalits éligibles peuvent y être inscrits, ce qui pourra accroître le nombre de défenseurs dalits pouvant exercer dans les différentes cours du Tamil Nadu et de Pondichéry.
2. Auparavant, les avocats qui soutenaient les Dalits et qui se faisaient les porte-paroles pour la justice sociale ont été compromis dans des cas montés de toute pièces et ont été ainsi exclus du barreau en les associant à des mouvements extrémistes, etc. Maintenant, M. Amal Raj soutiendra de tels défenseurs et pourra examiner et contrôler de près les destitutions, les fixations de peine, etc.
3. Le conseil de l’ordre des avocats décide maintes choses sur les procédures judiciaires, détermination des frais de justice et autres questions relevant de la régularisation.
4. Le Conseil de l’ordre peut donner son avis sur l’élaboration d’une nouvelle législation et est habilité à y apporter des modifications ou de proposer de nouvelles dispositions sur les lois étatiques.
Beaucoup de dossiers dalits sont en attente, suspendus ou archivés depuis plus de 10 ans. Il y a un dicton qui dit « Justice différée, justice refusée ». Les cas comparables à ceux-ci peuvent dorénavant être pris au sérieux aux tribunaux de grande instance de Madras et de Pondichéry.
R.L. Rosario, M.A., B.L.,
Director – POPE
Compte rendu de la rapporteuse spéciale de l'ONU
New Delhi: La Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les défenseur-ses des droits humains, Margaret Sekaggya, fait part de ses profondes préoccupations à la fin de la mission en Inde
Posted on 2011/01/25
Après sa mission en Inde, lors de laquelle elle a visité New Delhi, Bhubaneshwar (Orissa), Kolkata (West Bengal), Guwahati (Assam), Ahmedabad (Gujarat), Jammu et Srinagar (Jammu et Cachemire), la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les défenseur-ses des droits humains a déclaré : «Malgré les lois visant à promouvoir et protéger les droits humains, je constate qu’il reste beaucoup à faire pour leur application totale à la fois au niveau central et des Etats, ce qui affecte de façon négative le travail et la sécurité des défenseur-ses des droits humains.
Déclaration de la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les défenseur-ses des droits humains, Mme Margaret Sekaggya
Déclaration de la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur les défenseur-ses des droits humains, Mme Margaret Sekaggya au terme de sa visite en Inde
New Delhi, le 21 janvier 2011 – Du 10 au 21 janvier 2011, j’ai effectué une mission d’enquête dans le but d’évaluer la situation des défenseur-ses des droits humains en Inde, et je me suis rendue à Bhubaneshwar (Orissa), Kolkata (West Bengal), Guwahati (Assam), Ahmedabad (Gujarat), Jammu et Srinagar (Jammu et Cachemire).
J’ai rencontré le Ministre des Affaires Etrangères ; le Ministre de l’Intérieur; le Secrétaire Adjoint (aux organisations internationales et à la diplomatie environnementale); le Co-secrétaire (aux droits humains) du Ministère de l’Intérieur; le Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur de chaque Etat et les Directeurs Généraux de la police dans les Etats visités; le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme ; les membres de la Commission Statutaire ; les responsables et les membres des institutions des droits humains au niveau des Etats ; et les juges de la Haute Cour de Delhi. Toutefois, je regrette de ne pas avoir pu rencontrer ni le 1er Ministre ni des Membres du Parlement.
J’ai aussi rencontré des membres de la communauté diplomatique et des agences des Nations Unies dans la capitale. De plus, tout au long de ma mission, j’ai rencontré une fraction très large et variée de la société civile, à travers des consultations nationales et régionales.
Je remercie vivement le Gouvernement Indien de m’avoir lancé une invitation et pour sa coopération exemplaire durant la mission. Je souhaite aussi remercier tou-tes les défenseur ses des droits humains que j’ai rencontré-es, dont certain-es qui ont dû parcourir de longues distances pour ces réunions. Enfin, je veux faire part de ma reconnaissance au système du Coordinateur Résident des Nations Unies en Inde pour son soutien inestimable dans la préparation et le déroulement de la mission.
Alors que je vais désormais prendre le temps d’examiner et d’analyser la somme considérable d’informations que j’ai reçue, et que je vais poursuivre les échanges d’information avec le Gouvernement, les défenseur-ses des droits humains et les autres parties prenantes, je souhaiterais vous donner quelques observations et recommandations préliminaires. Tout d’abord, je veux remercier le Gouvernement d’avoir ouvert ses portes à mon mandat. Mes prédécesseurs avaient fait cette requête pour des visites en Inde en 2002, 2003 et 2004. C’est une avancée importante et j’espère que les invitations d’autres mandataires de Procédures Spéciales seront aussi honorées dans un futur proche.
Je constate avec satisfaction que l’Inde a un cadre complet et progressiste qui garantit les droits humains et les libertés fondamentales, comme cela est garanti, entre autres, dans la Constitution du pays, le Décret sur la Protection des Droits Humains, le Scheduled Castes and Scheduled Tribes (Prevention of Atrocities) Act (décret sur les castes répertoriées et les tribus répertoriées – prévention des atrocités), le Décret sur le Droit à l’Information. Je salue l’engagement des autorités indiennes à faire respecter les droits humains.
Je salue aussi le projet de loi sur la Prévention de la Torture, qui a pour but la ratification de la Convention Contre la Torture dans un futur proche.
Outre la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des institutions existantes au niveau de l’Etat dans le domaine des droits humains, je remarque l’existence d’une grande variété de Commissions statutaires mandatées afin de promouvoir et de protéger, entre autres, les droits des femmes, des enfants, des castes répertoriées et des tribus répertoriées.
Cependant, malgré les lois citées ci-dessus, qui visent à promouvoir et protéger les droits humains, je constate qu’il reste beaucoup à faire pour leur application totale à la fois au niveau central et des Etats, ce qui affecte négativement le travail et la sécurité des défenseur-ses des droits humains.
De même, j’ai pu observer la nécessité pour la Commission Nationale et les institutions des Etats indiens d’en faire beaucoup plus pour assurer un environnement sûr et propice aux défenseur-ses des droits humains dans tout le pays.
Tout au long de ma mission, j’ai pu entendre de nombreux témoignages concernant des hommes et des femmes défenseur-ses des droits humains et de leurs familles, qui ont été tués, torturés, maltraités, menacés, enlevés, arbitrairement arrêtés et détenus, accusés à tort, placés sous surveillance, déplacés de force, ou dont les bureaux ont été perquisitionnés et leurs dossiers volés, à cause de leur travail légitime en faveur des droits humains et des libertés fondamentales.
Ces violations sont souvent imputées aux autorités chargées de faire respecter la loi ; toutefois, elles auraient aussi fait preuve de collusion et/ou d’indulgence vis à vis des abus commis par des acteurs privés contre les défenseur-ses. Des groupes armés harcèlent aussi dans certains cas les défenseur-ses des droits humains.
Dans le contexte des politiques économiques de l’Inde, les défenseur-ses qui dénoncent les projets de développement qui menacent ou détruisent les terres, les ressources naturelles et les moyens de subsistance de leur communauté ou d’autres communautés, sont pris pour cible par des agents de l’Etat et des acteurs privés, et ils sont particulièrement vulnérables.
Je suis particulièrement préoccupée par le sort des défenseur-ses des droits humains œuvrant pour les droits des personnes marginalisées, comme les castes des Dalits et des Adavasis, les minorités religieuses et les minorités sexuelles, qui sont confrontées à des risques particuliers et à de l'ostracisme à cause de leurs activités. Les collectivités qui luttent pour leurs droits sont en fait brimées.
Les femmes qui défendent les droits humains, souvent les premières à promouvoir et protéger les droits humains, sont particulièrement exposées au risque de persécutions.
Les activistes du Right To Information – RTI, (Droit à l’Information), qui peuvent être des citoyens ordinaires, sont de plus souvent pris pour cible lorsqu’ils exposent les violations des droits humains et la mauvaise gouvernance, y compris la corruption des responsables.
D’autres défenseur-ses visés sont ceux qui défendent les droits des femmes et des enfants, qui se battent contre l’impunité pour les violations passées, qui cherchent les responsables des pogroms communautaires, qui défendent les droits des prisonniers politiques, les journalistes, les avocats, les militants pour le droit du travail, les travailleurs humanitaires, et les travailleurs ecclésiastiques. Les défenseur-ses des droits humains qui travaillent dans des zones rurales sont souvent plus vulnérables.
Alors que je reconnais les défis en matière de sécurité auxquels le pays doit faire face, je suis profondément préoccupée par l’application arbitraire des lois sur la sécurité au niveau national et dans chaque Eétats, notamment la Loi fédérale sur la Sécurité publique, le Décret Spécial sur les Pouvoirs des Forces Armées (Power Act), la Loi sur la Sécurité Publique du Jammu et Cachemire ainsi que la Loi sur la Prévention des Activités Illégales, qui nuisent à l'action des défenseur-ses des droits humains.
Je suis troublée par l'image et la stigmatisation des défenseurs des droits humains, qui sont étiquetés « maoïstes », « terroristes », « militants », « insurgés » ou « anti-nationalistes », « membres camouflés ». Les défenseur-ses sur le terrain, y compris les journalistes, qui raportent des violations commises par des acteurs liés à l’Etat ou non, dans des zones touchés par des insurrections, sont visés par les deux cotés.
La liberté de mouvement des défenseur-ses est aussi limitée au nom de ces lois sur la sécurité ; par exemple, les demandes de passeports ou de renouvellement ont été refusées. De plus les défenseur-ses des droits humains n’ont pas le droit d’accéder aux zones où se trouvent les victimes.
Des restrictions illégitimes à la liberté de rassemblement pacifique ont aussi attiré mon attention : par exemple, j’ai été informée que des manifestations de soutien à des défenseur-ses des droits humains détenus n’ont pas été autorisées.
Enfin, je suis préoccupée par l’amendement au Décret sur la Régulation de la Contribution Etrangère, qui stipule que les organisations non gouvernementales doivent demander tous les cinq ans l’examen de leur statut par le Ministère des Affaires Intérieures , afin de recevoir des fonds étrangers. Une telle proposition peut être utilisée comme moyen de censurer les organisations non gouvernementales qui critiquent la politique gouvernementale.
Au vu des éléments mentionnés, l’espace de la société civile est réduit. Bien que le système judiciaire soit la première piste pour des corrections au niveau juridique, j’ai pu observer que son fonctionnement est entravé par des retards significatifs dans le traitement des affaires de violations des droits humains.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme et les institutions existantes au niveau des Etats sont des pistes supplémentaires où les défenseur-ses des droits humains peuvent chercher réparation. Toutefois, tous les défenseur-ses que j’ai rencontré au cours de la mission ont fait part de leur déception et de leur manque de confiance dans le fonctionnement actuel de ces institutions.
Ils ont déposé des plaintes concernant des violations des droits humains devant ces commissions, mais les affaires mettent du temps à être lancées, ainsi que les enquêtes, et souvent, après beaucoup de retard, les enquêteurs concluent qu’aucune violation n’a été commise. La principale préoccupation réside dans le fait que les enquêtes sur ses affaires sont menées par la police, qui bien souvent, est coupable de ces violations présumées.
Alors que je salue la mise en place d’une unité centralesur les défenseur-ses des droits humains au sein de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, je regrette qu’elle ne bénéficie pas de plus d’importance dans cette commission. En me basant sur tous ces éléments, je souhaite faire les recommandations préliminaires suivantes :
Au Gouvernement Central et aux gouvernements des Etats
- Le Premier Ministre et les principaux ministres doivent reconnaître publiquement l’importance et la légitimité du travail des défenseur-ses des droits humains, c'est-à-dire, toute personne qui « individuellement ou en association avec d’autres, […] promeut et […] lutte pour la protection et l’accomplissement des droits humains et des libertés fondamentales au niveau national et international » (article 1 de la Déclaration sur les défenseur-ses des droits humains, A/RES/53/144). Une attention particulière doit être portée sur les défenseur-ses des droits humains qui sont exposés à des risques particuliers (identifiés ci-dessus).
- Les Forces de sécurité doivent recevoir l’instruction claire de respecter le travail et les droits fondamentaux des défenseur-ses des droits humains, notamment ceux qui sont exposés à des risques particuliers (identifiés ci-dessus).
- Des formations doivent être délivrées aux Forces de Sécurité afin de les sensibiliser aux rôles et aux activités des défenseur-ses des droits humains, avec des conseils et une assistance techniques des organismes de l’ONU concernées, d’organisation non gouvernementale et autres partenaires.
- Des enquêtes promptes et impartiales sur les violations des droits humains commises contre les défenseur-ses des droits humains doivent être ouvertes et les coupables doivent être poursuivis.
- Le jugement de la Cour Suprême sur la réforme de la police doit être totalement appliqué en accord avec les standards internationaux, particulièrement au niveau des Etats.
- La pleine application des lois et des politiques qui garantissent les libertés fondamentales des défenseur-ses des droits humains doit être assurée.
- Une loi sur la protection des défenseur-ses des droits humains développée en parfaite consultation avec la société civile et en se basant sur les conseils techniques des différents organismes de l’ONU, doit être promulguée.
- Le Décret sur la Régulation des Contributions Etrangères doit être examiné de façon critique.
- Le projet de loi sur la Prévention de la Torture doit être adopté sans plus tarder.
- Le Protocole Optionnel pour la Convention sur l’Elimination de Toute Forme de Discrimination Contre les Femmes doit être ratifié. La ratification des procédures de plaintes donnera aux femmes défenseuses des droits humains l’opportunité d’accéder à une autre procédure pour régler toute sorte de violations des droits au nom de la Convention.
- Le Décret Spécial sur les Forces Armées (Power Act) et la Loi sur la Sécurité Publique doivent être abrogés et l’application des autres lois sur la sécurité qui ont des effets négatifs sur le travail des défenseur-ses des droits humains doit être revue.
- Le fonctionnement de la Commission Nationale des Droits de l’Homme doit être revu, afin de renforcer la commission, entre autres: en élargissant les critères de sélection pour la nomination de son président ; en diversifiant la composition de la Commission ; en prolongeant la durée de la clause de limitation d’un an ; en établissant un comité indépendant chargé d’enquêter sur les plaintes déposées ; en élevant le statut des défenseur-ses des droits humains en tant que point central de la Commission en nommant un Commissaire. Le Décret sur la Protection des Droits Humains doit être amendé après une consultation sérieuse de la société civile.
- Des institutions consacrées aux droits humains au niveau des Etats doivent être établies au plus vite dans les Etats où elles n’existent pas.
- Le Gouvernement Central et les Gouvernements de chaque Etat doivent poursuivre leur collaboration avec les Procédures Spéciales du Conseil des Droits de l’Homme, y compris en lançant des invitations pour des visites dans le pays.
A la Commission Nationale et aux Institutions pour les droits humains existantes
- Le rôle de soutien des institutions pour les droits humains doit être renforcé, entre autres en organisant des visites régulières dans les régions ; en rencontrant les défenseur-ses des droits humains en difficultés ou en danger ; en mettant en place des observatoires de procès de défenseur-ses des droits humains lorsque cela est approprié.
- La visibilité des institutions doit être assurée à travers un engagement régulier et proactif avec la société civile et les médias.
- Une ligne téléphonique d’urgence ouverte 24h/24 pour les défenseur-ses des droits humains devrait être établie.
-Les institutions doivent suivre l’application complète des recommandations faites par les différents organismes de l’ONU liés aux droits humains, y compris les mandataires de Procédures Spéciales, les Traités et l’Examen Périodique Universel.
Au Système Judiciaire
- En l’absence d’une loi sur la protection des témoins et des victimes, le système judiciaire doit prendre des mesures pour assurer la protection des défenseur-ses des droits humains en danger, des témoins et des victimes.
- Le système judiciaire doit assurer un meilleur usage du suo motu (déposition spontanée) dès qu’une violation contre un-e défenseur-ses des droits humains a lieu.
- L’importance du rôle des défenseur-ses des droits humains dans le fonctionnement d’un système judiciaire vibrant et actif, doit être reconnue.
Aux défenseur-ses des droits humains
- Les plateformes et les réseaux visant à protéger les défenseur-ses des droits humains et à faciliter le dialogue doivent être conçus ou renforcés.
- Les défenseur-ses des droits humains doivent mieux connaître la Déclaration sur les Défenseurs des Droits Humains.
- Des efforts doivent être faits afin d’utiliser au mieux les Procédures Spéciales des Nations Unies et les autres organismes internationaux de défense des droits humains lorsqu’ils dénoncent des violations des droits humains.
A la communauté internationale et aux donateurs
- Les Orientations de l’UE Concernant les Défenseurs des Droits Humains et les stratégies locales sur l’Inde doivent être mise en œuvre de façon systématique.
- La situation des droits humains, en particulier la situation de ceux qui sont le plus pris pour cible et les plus vulnérables, doivent être suivies en permanence, et les autorités doivent affirmer leur soutien au travail des défenseur-ses à travers des interventions devant les institutions centrales et des Etats.
- Des efforts doivent être fait afin de renforcer la société civile.
A toutes les parties prenantes
- La Déclaration sur les Défenseurs des Droits Humains doit être traduite dans les principales langues locales et diffusée à grande échelle.
- Des efforts doivent être faits afin de sensibiliser le public et le dialogue et la coopération dans la société doivent être encouragés.
- Je présenterai mon rapport complet, mes conclusions finales et mes recommandations au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en Mars 2012.
Margaret Sekaggya
Newsletter n°3
NEWSLETTER A.SI.A
SEPTEMBRE 2010 A FEVRIER 2011 (n° 3)
Bonjour à tous et à toutes,
Voici la troisième newsletter de notre association, qui couvre une grande période d’activités (septembre 2010 à février 2011). Nous essaierons de raccourcir ce délai à l’avenir.
Septembre 2010 : 3 nouveaux parrainages ont été pris en charge, dont l’un par un de nos parrains qui a décidé d’en assumer deux ; 2 parrains ont accepté d’augmenter leur côtisation mensuelle pour aider leur filleul à faire des études supérieures.
Un parrain a financé une intervention chirurgicale ophtalmologique pour son filleul à hauteur de 280 euros.
Un second groupe de micro-crédit a été financé à hauteur de 1000 euros grâce à six donateurs ; (six veuves aidées).
Octobre 2010 : Un voyage en Inde de la présidente à la rencontre de l’association Help Kavali, ayant une expertise dans la prise en charge du SIDA (cf Compte rendu de voyage sur le blog)
L’hôpital de POPE terminé, voit ses premiers salariés embauchés, mais manque d’équipement. Plusieurs associations françaises recherchent un financement dans ce but.
Un voyage en Inde du groupe Kallos, avec une marraine d’ASIA qui a pu rencontrer sa filleule ainsi que le père Isaac. Le groupe de Mulhouse a généreusement financé deux micro-crédits supplémentaires ainsi que des frais de scolarité à une jeune étudiante.
Novembre 2010 : Le directeur de Claire Fontaine Rhodia d’Ile Napoléon nous octroie 1000 euros de subvention à notre projet d’éducation sanitaire en partenariat avec POPE.
Décembre 2010 : Journée de la solidarité au collège de Zillisheim avec une intervention d’ASIA dans les 6 classes de 3ème, grâce à l’aide de John et Cornelie Eichrodt. Nous avons ainsi récolté 225 euros pour financer le parrainage de Prianka Mary, soutenue depuis trois ans par les élèves de ce collège.
Marchés de Noël :
- les 28 et 29 novembre nous étions présents à Schlierbach,
- les 9 et 10 décembre dans le hall de l’hôpital de Mulhouse,
- le 11 décembre à Zillisheim.
L’ensemble de ces marchés nous a rapporté près de 3000 euros. Ce succès ne serait pas possible sans la générosité de nos « créateurs » d’artisanat local, ni celle de nos acheteurs (qui parfois sont les mêmes), ni celle de nos vendeurs !
Nous avons également participé à la première édition du marché Solid’Art de Thann du 28/12 au 31/12 avec une conférence sur l’Inde et les dalits le 31/12. La foule était peu nombreuse, mais nous avons tout de même obtenu 415 euros en 4 jours, grâce à la vente d’artisanat venu d’Inde.
Le mois de décembre s’est magnifiquement terminé avec une subvention exceptionnelle de 2000 euros de la part de Terre des Hommes France Antenne Locale 68, dont la présidente d’ASIA est membre depuis plusieurs années, pour notre projet d’éducation sanitaire.
Janvier 2011 : Suite à l’appel à dons lancé par Florence Grenot, artiste peintre de Lyon, rencontrée en Inde en janvier 2010, nous avons reçu près de 1000 euros à destination de l’hôpital de POPE.
Par ailleurs, l’association Page d’Ecriture, dont nous avons rencontré les dirigeants en octobre 2010 en Inde ferme ses portes. Elle a proposé à ses donateurs réguliers de reporter leurs dons sur l’association Souffle du Sud à Paris ou sur ASIA ; Un mailing destiné à 500 personnes nous a permis de récolter une dizaine de dons, également pour environ 1000 euros.
Mi-janvier : Rencontre à Paris avec Christiane Hegoas, la secrétaire de Souffle du Sud, pour parler de notre partenaire commun POPE.
15 janvier : Rosario notre partenaire indien, avocat, a l’occasion inespérée de s’exprimer devant la rapporteuse spéciale sur les droits de l’homme, mandatée par l’ONU pour permettre à la société civile de témoigner des réalités quotidiennes des défenseurs des Droits de l’Homme. (Rapport préliminaire en PJ). Un moment clé dans la lutte pour la reconnaissance des droits de nos amis Dalits.
Fin janvier : Temps de parole accordé à ASIA lors de l’AG de Kallos, suite au voyage en Inde de certains de ses membres, afin de présenter notre association.
5 Février 2011 : Une conférence à l’Université Populaire, devant près de 100 personnes pour présenter l’Inde, les dalits et notre association. De beaux échanges ont eu lieu à l’issue de l’intervention. 170 euros de dons ont été collectés
Fin février : Une rencontre informelle avec des membres d’Enfants du Monde France à Colmar a permis de se connaître, et d’essayer de trouver une synergie à nos actions en faveur de notre partenaire indien commun POPE.
Ainsi le réseau des amis des Dalits et de POPE s’élargit.
Suite aux nouveaux dons perçus, nous avons décidé lors de notre AG du 18 février 2011 de verser 1000 euros par mois à POPE pour la prise en charge du fonctionnement de l’hôpital (salaires du personnel, frais de pharmacie).
Nous avons également pris en charge le vol Chennai – Dehli pour permettre à Rosario de s’exprimer devant la rapporteuse spéciale de l’ONU (250 euros).
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Ainsi, globalement, notre association se porte de mieux en mieux. Elle bénéficie de donateurs ponctuels mais aussi de donateurs réguliers que ce soit pour les parrainages ou pour les salaires du personnel de l’hôpital de POPE.
Nous vous remercions tous et toutes pour votre investissement, votre générosité, et votre contribution qui nous permet d’honorer nos engagements envers nos partenaires, et d’améliorer le sort de nombreuses personnes, enfants et adultes au Tamil Nadu.
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PS : La présidente d’ASIA se trouve actuellement à Anvers pour 4 mois, pour se former à la médecine tropicale à l’Institut de Médecine Tropicale, dans l’espoir d’être plus utile pour ses partenaires à l’avenir.
Recevez nos cordiales salutations,
Agnès Muller,
Présidente A.SI.A































